Production Personnelle CLXXV

Nous en sommes au néant


Nous en sommes au néant
Juste perdus un instant
En approche d'une île
Cotonnée et gracile

Nous ne sommes pas en guerre
Juste au c½ur de la terre
Avançant tristement
Sur la coquille du temps

Ne sois pas si béant
Garde un peu d'intérieur
N'abuse pas des élans
Pouvant fendre les c½urs

Vogue, ne cesse de voguer
A deux pas de ta peau
Lacérée de cristaux
Vis la vraie liberté

Ton isolement chavire
Impassible éclatant
Ferme les yeux et respire
Nous en sommes au néant

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# Posté le lundi 17 août 2009 16:28

Production Personnelle CLXXIV

Production Personnelle CLXXIV
Abjection matinale

Tout allait durer cinq minutes, une étincelle d'ennui refroidie par l'immonde. L'insidieux allait me mener vers l'infâme. Cela fait dix ans maintenant qu'un pourrissement véroleux de joie fait suinter et grouiller les yeux d'individus variés, boursouflés et ternis par la réalité d'un samedi soir vide et sans passion. Ils n'en sont pas coupables, ils ne font que consommer un produit de divertissement de grosse production créé, lancé et diffusé par la sainte bénédiction des pouvoirs et des censeurs.

Le chef d'orchestre montre encore des signes extérieurs de schizophrénie médiatisée ratée. La voix est forte, pleine d'assurance et d'optimisme. Soulignons une nouvelle fois l'antagonisme considérable du rapport toucheur-touchés.Oui, Il aime toucher. Les numéros se succèdent devant les yeux ébahis et amplis de vacuité intellectuelle et peut-être morale. Une « chanteuse », « fermière », « jet-setteuse » qui brille par la seule imposition de ces guillemets ; un converti, déconverti, reconverti qui, à force de revirements, perd de la vitesse, déjà affaiblie par un manque d'aérodynamisme capillaire. À cela, vous ajouterez des has-been et des never-been et vous obtiendrez ce brouhaha alchimique aux composantes peu hétérogènes agglutinées autour de tables intimes pour susciter un peu plus la naïveté du touché.

Sur l'arène, des couleurs, de la musique, des « artistes ». Tout cela est bien mièvre et cette seule combinaison donne déjà au spectacle tout son caractère d'amusement facile et sans saveur. Pourtant, ceux que l'ont pensait heureux d'avoir échappé à ces immondices immatériels (déjà trop matériels) sont victimes de leur soumission involontaire. Certes, il est de notoriété publique que le chien s'est abandonné à l'homme (à ses risques et périls) et que sa mutation provoquée en pantin habillé, coloré, parfois peut-être désarticulé n'est qu'une conséquence logique d'un abus exponentiel de l'être dit « supérieur ». Supérieur ? Oui : il peut parler, marcher et construire ; trois avantages lui permettant de dire des conneries, de les répandre et de les concrétiser ; l'évolution continue de lui être favorable.

On pensait que l'abject télévisuel avait été atteint. C'est alors que sont « intervenus » les chats. Deux nains russes : maquillés, souriants, presque plastifiés ouvrent une caisse remplies de félins stoïques. Durant cinq minutes, ils devront suivre des ordres et convoiter de près : le bruit, les odeurs et la seule présence d'êtres humains. Anéantissez le sauvage, vous aurez du docile.

Je le savais déjà, la nature alimente tout secteur mis sur pieds par l'homme. Mais jusqu'il y a peu de temps, je n'étais pas pleinement conscient de ces ignobles tortures joyeuses.

# Posté le mercredi 22 juillet 2009 05:18

Modifié le mercredi 22 juillet 2009 05:32

...




To live and let live...



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# Posté le dimanche 19 juillet 2009 15:50

Production Personnelle CLXXIII

To kingdom come...


Arachnide installé dans le creux de ma porte
Immobile dans le jour comme le sont les fissures
Confiné dans l'opaque, lentement tu supportes
Et attends patiemment la montée des obscures

Je n'ai pas la franchise de te dire que tu meurs
Esseulée parfaitement comme la reine des soupirs
Il n'est pas de royaume plus immonde que la peur
Et ton jour le plus court est en train de venir

Les ignobles puissances ont la mort sous les pieds
Étalées d'insouciance et souillées d'ignorance
Succombant par la faute d'un réflexe fatigué
Tu te prosternes enfin dans une douce élégance

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# Posté le jeudi 18 juin 2009 17:25

[...]

Je prie pour ces mondes synthétiques, non loin de nos
enfers.
Noyés dans nos mers symboliques, les êtres vivants ont perdu toute idée du véritable et du
pur.
À l'heure où je sécrète cette pâle pâte verbale, j'éprouve quelques idées, un peu floues et
en crue.
Pour ces quelques secondes entre parenthèses, il n'y a pas de mort ou de métaphysique, ces concepts de référence suspendus à mes moignons
mentaux.
Non, en ce moment, c'est une lévitation agitée et malsaine, un voyage dans ma cellule
en déconstruction.
J'en ai conscience, ça n'est pas toujours le
cas.
Mon esquif de papier s'immobilise
parfois.
Alors, une rive
pousse.
Une belle île rouge tellement unique qu'
aveuglante.
Les apparences ne vivent que dans l'ébauche et
l'artificiel.
Au c½ur d'une nouvelle phase dont j'exécrais la moindre perspective, vivait
Lily.
Et aujourd'hui, des pages s'écrivent subrepticement au c½ur de mes moindres
soupirs.
Elles pleurent de joie, elles suintent
de vie...

# Posté le lundi 25 mai 2009 16:24

Modifié le lundi 25 mai 2009 16:40